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PASSAGE DE GRADES EN JIU-JITSU BRÉSILIEN
 
D’où nous viennent les ceintures et que représentent elles ? Pourquoi un passage de grade?
Le jiu-jitsu brésilien est réputé pour être un art martial exigeant dans lequel la progression des ceintures est lente.. Il faut plus de temps pour y obtenir sa ceinture noire que dans n’importe quel art martial. La contre partie c’est que le pratiquant qui porte une ceinture est justement « porteur » de quelque chose.
À la Bittan Academy nous avons mené, depuis le tout début, une réflexion à ce sujet pour apporter notre réponse aux   questions comme « Qu’est ce que toutes les ceintures bleues ont en commun qui les caractérise? Que représente une ceinture ? Comment est elle descernée et à qui? ». Pour cela nous avons choisit de mettre au point des passages de grades exigeants et très complets, qui ont évolué avec les années. C’est ce parcours que nous vous résumons en quelques lignes ici.
Un peu d’histoire
  1. Les racines japonaises 
Dans les arts martiaux japonais traditionnels, auxquels le jiu jitsu brésilien se rattache par ses racines, il y avait deux ceintures: la blanche et la noire (1er Dan 段). C’est une simple distinction visuelle entre les pratiquants débutants et avancés. La ceinture noire n’y est pas le dernier grade, viennent ensuite d’autres Dan que l’on marque sur la ceinture de nos jours. Elle marque le franchissement d’un certain niveau, oú l’on considère que le pratiquant a vu et compris les techniques et stratégies fondamentales de l’art et sait en reproduire un sous-ensemble de manière efficace contre un adversaire. Si ce sujet vous intéresse, vous pourrez tout savoir sur le Dan et ses origines au Japon dans le Go au 17ème siècle puis au judo sous l’impulsion de Jigoro Kano ici: https://en.m.wikipedia.org/wiki/Dan_(rank). L’existence d’un signe distinctif pour le premier Dan, sous forme d’une ceinture noire aurait été emprunté à la natation, et remonterait dans judo à 1886.
Quand les japonais ont disséminé leurs pratiques dans le monde occidental, ils se sont adaptés à nos cultures et ont ajouté les ceintures de couleur, intermédiaires entre la blanche et la noire, pour marquer la progression des étudiants.
  1. L’arrivée au Bresil
Dans le jiu jitsu brésilien, le système de ceinture tel que nous le connaissions n’a pas toujours existé ainsi. Il faut voir cela comme une convention avec des règles, qui évoluent avec le temps et s’adaptent au développement de l’art martial. Il était différent par le passé, il sera différent dans le future.. Initalement, tout le monde était ceinture blanche sauf les maîtres qui étaient ceinture bleue. Petit à petit le système a évolué pour devenir ce que nous connaissons. Les règles les plus communément admises sont celles de l’ibjjf, mais elles ne fixent qu’un intervalle de temps minimum entre les ceintures. C’est assez insuffisant… Tous les autres détails varient d’un club à l’autre. Pour ceux qui suivent ce qui se passe dans le monde du jiu jitsu, même chez les plus grands maîtres vivants les règles font débats. Lorsque Rickson a reçu son 8eme Dan cette année il a initialement fait un discours où il le refusait ! La discussion qui s’en suit avec ses frères et oncles, très intéressante se trouve ici: https://m.youtube.com/watch?v=44QgRHcts1U
 
Que représente une ceinture? Quelle valeur a-t-elle?
  1. Ce qui se fait ailleurs
Comme le précise l’ibjjf, le minimum à exiger pour descerner une ceinture à un pratiquant c’est un certain temps de pratique. Mais cela est largement insuffisant. On ne peut certainement pas décréter que tout personne inscrite dans un club pour deux ans soit promue ceinture bleue, et ainsi de suite. Il y a une question d’assiduité aux cours, de compréhension/restitution des techniques, et d’efficacité en randori, qui s’impose. Ces criteres sont plus subjectifs et dans beaucoup de clubs ne sont pas évalués précisément et Ca se passe comme ça: Un jour, le professeur appelle un élève et lui descerne une ceinture. Pourquoi, cet élève et pas un autre? Que cet eleve sait-il précisément ? Le flou qui entoure cette manière de faire ne nous convenait pas.
  1. La ceinture comme socle de connaissance 
Ce que nous pensons à la bittan academy c’est que pour chaque ceinture, il y a un socle de connaissances minimum requis.
Par exemple, pour avoir sa ceinture bleue il faut, entre autre, savoir faire une chute avant et sortir en pontant de la montée. Une personne qui connaîtrait des centaines de techniques de jiu jitsu, mais ne maîtriserait pas ces deux fondementaux, ne pourrait pas être ceinture bleue chez nous. La raison qui nous a poussé à faire cela est double.
D’une part, le jiu jitsu est trés (tres tres) large techniquement et nous voulons guider les pratiquants dans cette jungle de techniques. On leur trace un chemin dont on est sûr qu’il leur offrira tout le panel de techniques fondamentales et qui soit construit de manière logique. En plus de ce socle, chacun explore ce qui l’intéresse particulièrement, mais le socle est non négociable.
La deuxieme raison c’est qu’on pense aussi aux gens qui n’iront pas jusqu’à la ceinture noire. On veut être certain que quelqu’un qui parte avec la ceinture violette ou la bleue ait quelque chose de complet et cohérent entre les mains, un bagage.
La première chose que l’on dit est donc qu’ « Une ceinture à la bittan représente la maîtrise et la restitution d’un socle commun de connaissances ».
Pour ceux qui aiment les histoires de samurais, sachez que cela de rapproche beaucoup de ce qui se faisait à cette époque là au Japon. La progression (avant donc l’existence des ceintures) se faisait par la remise de rouleaux/parchemins secrets contenant les techniques du niveau associé.
  1. Une ceinture pour faire un saut!
C’est bien connu, en jiu jitsu la progression de fait par paliers entrecoupés de plateaux. Ces plateaux, parfois long peuvent etre un peu décourageants. Nous avons conçus nos passages de grades non-seulement pour certifier la progression des étudiants mais aussi pour leur faire franchir des paliers. Les programmes très complets forcent les élèves à réviser pendant environ 2 mois et à faire un état des lieux de leur jiu jitsu. C’est le moment où l’on identifie les trous et où on les comble, c’est aussi le moment où les différentes pièces du puzzles se mettent ensemble.
Quelqu’un qui porte une ceinture c’est donc quelqu’un qui a franchi les paliers de progressions. Encore une fois cela résonne avec la tradition japonaise ou Dan veut dire une étape ou un pas.
  1. S’inscrire dans une lignée
Les académies Gracie ont été les premières à installer de tels passages de grades. Pendant les années où Patrick Bittan s’est entraîné avec Rickson, il s’est imprégné de cette façon de faire. De retour en France il l’a adaptée, et d’année en année l’a enrichit. Le programme est toujours fidèle à l’esprit d’origine et contient pour toutes les ceintures, en plus du jiu jitsu sportif, les bases de la self défense et du jiu jitsu pour le MMA. C’est certainement le seul endroit en France où l’on enseigne dans cet esprit.
 
Pour finir, on espére qu’en passant ces grades vous prendrez du plaisir, et que vous en tirerez toute la fierté et la confiance nécessaire pour porter les ceintures que vous allez obtenir.
Professeur Vincent Bismuth
Oos!
    • Steph
    • 14 décembre 2017
    Répondre

    Excellent article !!

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